Dans un monde déchiré par les guerres, les laryskaniens tentent de sortir leur royaume des ténèbres qui le hante. Rejoignez-les mais dans quel camp serez-vous ?
 
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Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦

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IV - Rodeur d'Elite

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MessageSujet: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Lun 9 Nov - 0:31

Le miracle d’une vie

Rêvons nos vies; Vivons nos rêves… Le doute détruit beaucoup plus de rêves que l’échec.


Date : 48ème jour de Cynéid

Je suis enfin sur la route pour rentrer à Malghar. Ma mission c’est très bien passée. Mon ami a gardé mes proies en vie. En leur rappelant tout de même leurs pêchers. Ils respirent tous plus ou moins. Un est au bord de la mort mais je compte les briser pour en apprendre encore d’avantage sur ce qui attend les autres hybrides de continent. Si les Gardiens pensent pouvoir nous avoir ils se plantent. Je serais là pour les tuer, un par un s’il le faut mais ils n’assassineront plus impunément des familles et des enfants pour la race pure. Ils méritent tous la mort et je compte la leur donner. Le prochain qui tombe dans mes filets, je le tue. Sans procès, sans foi ni loi, sans peur et remords. Rien que d’imaginer caresser cette éventualité, cela me procure un grand sourire de satisfaction. Pourtant, il se fait bientôt mourant sur mon visage.

Donnant un violent coup de rênes à mon cheval il s’arrête et j’ai juste le temps d’aller sur le bord de la route que je mets à vomir encore une fois. Je déteste vomir. Qui aime de toute manière ? Reprenant ma respiration entre deux, j’essaye de calmer mon cœur qui tambourine dans ma poitrine. J’ai la gorge en feu, l’estomac vide et la tête sur le point d’exploser. Prenant une inspiration lancinante et brutale, je me redresse en toussant, essuyant ma bouche du revers de la main, je me décide de m’arrêter et de faire une halte près d’un ruisseau. Pas assez profond mais juste assez pour me retirer ce goût immonde dans la bouche. Voilà des jours que je trimballe avec ses vomissements et ses nausées. Je n’aime pas être malade. L’être c’est signer son arrêt de mort en tant que professionnel. Je ne veux pas. Je veux continuer de travailler. Rester à la maison à manger du potage et regarder les mouches voler et la vie battre son plein et loin d’être une chose que j’aime. Surtout quand je ne participe pas à cette vie.

Mais avant de crier sous les toits que je suis malade comme un chien, il faut que je rentre en ville et que j’aille consulter le plus tôt possible. En évitant de préférence Cailan à mon retour. Je ne veux pas qu’il se moque de moi voir pire, qu’il s’inquiète ! Je remonte donc à cheval et le lance au galop à travers les paysages. Je compte le nombre de jours qu’il me reste et lorsque je vois enfin au loin la ville… Je me mets à sourire et pousse une dernière fois ma monture à la mort.

Arrivé en ville, je me dois d’être lente, pour moi et le monde qu’il y a. Je ne veux pas tuer quelqu’un maintenant dans ma hâte. Tant et si bien que je prends trente minutes pour arriver devant chez moi. Je prends encore le temps d’attacher ma bête et de prendre les sacs avant d’entrer. Camille est debout dans la cuisine et une odeur de soupé me monte aux narines. Je renifle, comme si cela faisait des semaines que je n’avais pas mangées. Quoi que si. En effet, on pourrait apparenter mes vomissements comme une purification de ma nourriture. Autant dire qu’en soit, je n’avais gardé qu’un repas sur trois. En se retournant, mon amie en lâcha sa cuillère qui vint tâché le sol.

▬ Narah !
▬ Quoi ? On dirait que tu as vu un fantôme…
▬ Mais tu es… Maigre !
▬ Ah ! Oh oui normal.
▬ Non ! On dirait que tu as fondu…
▬ Traquer n’est pas comme coudre Camille.
▬ Les autres fois tu ne perds pas autant ! Qu’est-ce qui se passe ?
▬ Mais rien !

Je souris. Vraiment, il n’y avait rien ! Je décide de la laisser à sa paranoïa et d’aller me changer avant de reprendre le chemin de la ville pour aller voir un guérisseur. En arrivant dans ma chambre je me décide d’aller prendre un bon bain chaud et lorsque je rentre dans l’eau et que je regarde mon ventre, je le trouve décidemment bien trop plat. Je hausse les épaules et décide de ne pas prêter attention plus que ça. Lorsque je termine, je vais jeter un œil dans mon armoire, enfile une chemise et un pantalon avant de constater que Camille avait raison. Je perds mon pantalon… Combien j’avais perdu à cause de ma mission ? Depuis quand elle me stressait autant ? Je grogne et termine par mettre mes bottes. Portant une capeline marron, je sors de ma chambre et demande à mon amie où est parti Cailan. Elle me fait qu’il a été appelé par quelqu’un pour une mission. « Cela devait être important vu la tête qu’il avait fait avant de partir. » m’a-t-elle dit. Sans m’en rendre compte, j’ai froncé les sourcils. Quoi, moi, encore jalouse ? Au moins on se complète sur ce terrain-là ! Mais je décide d’abandonner l’idée d’être mauvaise. Je n’ai même pas la force de l’être, c’est pour dire ! Quoi qu’il en soit, je laisse donc Camille à son potage et retourne dans l’effervescence de la ville.

Il me faut quinze minutes pour trouver le chemin du guérisseur. Car comme tout paria, je ne vais pas chez les hommes connus qui demande une fortune. Une personne de confiance. Je me dirige donc tout naturellement vers l’Apothicaire de l’Aveugle. Qui est aussi un très bon fournisseur de matériel comme des crochets ou les poisons. Mais aussi un très bon informateur et aussi à ses heures perdues un guérisseur. Ne pas se fier à son nom. Il est aussi aveugle que moi prêtresse. À peine je pose un pied dans sa boutique entre une échoppe et une taverne que je vois sa tête dépasser. Il rehausse son nez où se trouve à n’en pas douter des verres grossissants. Il suffit de voir ses yeux pour comprendre.

▬ Narah. Ca f'sait un baille ma petite.
▬ Oui. Désolé j’avais beaucoup de travail en retard.
▬ Bah ça va, je ne suis pas ton père non plus. Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?
▬ J’ai besoin de ton expérience. Depuis des semaines je suis prise par des vomissements et des nausées.

Il hausse un sourcil. Il est aussi au courant pour mon viol. Il pose sa monture sur la table et s’approche de moi. Sans un mot, il me prend la main et m’amène dans une pièce adjacente où il me fait signe de m’allonger sur un lit. Je le regarde sans comprendre mais obéit. Lorsque je m’allonge il pose ses mains sur mon ventre après avoir soulevé ma chemise. Une lumière douce et chaude en sort et cela ne dure que quelques minutes. Un air grave apparaît sur son visage et se répète tout bas que ce n’est pas possible. Il se lève, passe une main sur son visage. Sans attendre, je lui demande si c’est grave. Il se tourne vers moi lorsque je suis debout. Là, la nouvelle tombe et je sens mes jambes se dérober sous mon poids. Je suffoque et me retiens de hurler. Comme un père, il vient et me prend dans ses bras.

À ma sortie, je suis comme un mort-vivant. Rien autour de moi ne demande mon attention. Je suis loin de la réalité. J’essaye de comprendre comment, pourquoi et quand. Faisant demi-tour vers chez moi, je rentre en claquant la porte d’entrée. Camille n’est plus dans la cuisine. Passant être seule, je me laisse glisser à terre devant la porte d’entrer. Le regard hagard.


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"La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute." N.M
" Quand un voleur ne trouve plus l'occasion de voler, il se croit honnête homme. "
" Tomber est permis, se relever est ordonné ! "
"On ne vit qu'une fois, mais avec espoir"
"Tuer pour soi est un meurtre, tuer pour son gouvernement est héroïque, tuer pour le plaisir est anodin."
Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer comme on ne t'a jamais aimé ! Je vais t'aimer plus loin que tes rêves ont imaginer ! Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer comme personne n'a osé t'aimer ! Je vais t'aimer comme j'aurais tellement aimé être aimé ! Je vais t'aimer !"
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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Ven 13 Nov - 20:38

Le miracle d'une vie




Lorsque j'étais revenu à la maison, j'avais retrouvé Camille dans un état d'angoisse affligeant. Ma première pensée était d'imaginer qu'elle avait un souci avec son homme. Ses yeux s'étaient agrandis en me voyant et elle s'était ruée vers moi. D'habitude, je ne prêtais pas mes oreilles, mais comme Camille était une chic fille - et l'une des meilleures amies de Narah, sa colocataire et également la mienne -, je brisais les habitudes.

J'avais doucement pris son poignet, l'avais guidée jusqu'à la table, avais attendu qu'elle s'assoit avant de faire de même. Elle se calma peu à peu et je pus savoir de quoi il en retournait. Contrairement à ce que je m'imaginais, il ne s'agissait pas de celui qui partageait sa vie, mais de celle qui partageait la mienne. Je fronçais les sourcils en l'écoutant me conter l'état de Narah.

- Elle avait une mine affreuse, si tu l'avais vue, je suis sûre que -
- Ou elle a tout simplement passé une mauvaise semaine, objectais-je en la coupant.
- Au point de perdre du poids ? répliqua-t-elle.

Je me taisais un instant. Elle m'avait coupé l'herbe sous le pied et fait partager son inquiétude. Narah était une battante, quoi qu'il n'arrive, elle ne perdait pas de poids pour une simple mission, même si elle s'était mal passée. Et il était tellement rare de la voir abattue que lorsqu'elle était dans cet état, c'était qu'il y avait un problème important.

- Ne t'inquiète plus, je m'occupe de tout, lui répondais-je avec un léger sourire.
- ... J'espère que je peux compter sur toi, me disait-elle après un instant de réflexion.

Je lui lançais un regard rassuré que je n'éprouvais pas. Camille ayant à faire ailleurs, son visage voilé d'inquiétude se tourna une dernière fois avant de sortir de mon champ de vision. Pour ma part, j'attendais anxieusement que Narah revienne, puisque je n'avais pas beaucoup de chances de la trouver en pleine ville, seul.

Avachi sur mon banc et à deux doigts de m'endormir, je sursautais en entendant une porte claquer. Le sommeil recommençait à m'attirer dans ses bras lorsque mon cerveau me fit parvenir que la femme de ma vie était de retour. Je me levais avec un sourire que je perdais en la voyant rejoindre le sol au ralenti.

- Déjà en train de faire la larve ? C'est pas très sexy ça...

J'attendais avec impatience qu'elle grimace, qu'elle se lève, qu'elle m'adresse un geste obscène ou même qu'elle se venge sur une partie de mon corps. Quelque chose qui me montrerait que Camille en avait fait tout un plat pour rien, que tout allait bien. À mon plus grand désarroi, elle ne réagissait pas. Je m'avançais vers elle.

- Chérie, dans cette position, je t'ai connue plus active.

Je n'avais pas eu plus de succès. Pourtant, elle ne pouvait jamais contenir un sourire ou un soupir - selon les bons ou les mauvais jours - lorsque je parlais à l'aide de connotations. M'accroupissant pour être à sa hauteur, j'essayais de scruter ses yeux mangés par ses cheveux. Je lui relevais le menton, et ce que je voyais ne me plaisait pas du tout.

Les yeux d'un fantôme n'auraient pas eu l'air plus perdu que les siens. Elle était là sans être là. Ses traits étaient tirés, comme si elle n'avait pas connu de repos depuis longtemps. Soucieux, je lui prenais une main, qui s'avérait être glacée. Je basculais légèrement en avant pour poser mon front sur son épaule et déglutissais, une main sur ses cheveux et l'autre derrière son dos.

- Mon amour... soufflais-je d'une voix fêlée.

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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Sam 14 Nov - 2:33

Le miracle d’une vie

Rêvons nos vies; Vivons nos rêves… Le doute détruit beaucoup plus de rêves que l’échec.


J’ai pensé à tout. Mais pas à ça. Moi… Et ce qui sait passer il y a plus de trois ans ? Mon état déplorable. Pourquoi ? Je ne pouvais pas ou plus depuis ce temps-là. C’était trop endommagé. Le sang que j’avais perdu, la douleur, la honte et le désespoir. Lorsque Tauryon m’a appris la nouvelle c’est comme si le monde était venu me faucher dans ma réalité. Je ne suis même pas passé par la phase normale. Je ne suis pas devenue heureuse de la nouvelle c’était même le contraire… Moi qui a tant espéré, me voilà réduite à penser ça.

C’est l’esprit vide que je retourne chez moi. Je ne veux croiser personne et ne parler à personne. Si Camille est encore là… Sans faire plus attention que ça, je me décide de rentrer sans frapper. Pensant être seule, je me laisse glisser à terre et quelques secondes plus tard, une voix familière vibre. Cailan…

Il me parle. Je l’entends, je le vois très bien mais c’est comme si la capacité de penser, de parler, de déglutir, de lever les yeux ou même de bouger. Rien. Je n’arrive même pas à lever la tête. Je suis comme vidée. Sa voix est lointaine, comme s’il était dans une caverne et moi à l’autre bout. Tout devient écho dans mon esprit. Le temps s’arrête même. J’ai la sensation d’un arrêt brutal et direct. Un seul mot résonne à mon oreille, c’est un mot affectif. Mon corps tressaute à l’entendre mais rien de plus. Ma tête guide mes mouvements.

Pourquoi est-ce que je suis comme ça ? Pourquoi je me sens aussi mal ? Pourquoi ? Je sens alors ma peau frissonner sous le contact d’un geste. Mon menton se relève par une force qui n’est pas la mienne. La tête haute, j’ai quand même le regard ailleurs, fixant le vide. Puis je sens mon menton retomber lourdement comme avant. La même sensation recommence dans mon dos et sur ma tête. Si j’ouvre la bouche, je suffoque. Alors je garde le silence encore longtemps. Il recommence à me parler pour avoir une réaction de ma part mais rien, comme tout à l’heure. Après de longues minutes, je me décide d’ouvrir la bouche. Ce qui sort ne sont ni des mots, ni un soufflement mais une plainte. Entre un couinement et un cri et j’éclate en sanglot. Arrivé à la fin de ma respiration, cette dernière se fait saccader et difficile. Ma tête se pose sur le torse de mon amant et je le serre sa chemise sans pouvoir m’arrêter de pleurer. À la fin, mon visage termine dans son cou.

Je sais qu’il doit s’inquiéter de mon état, avoir peur de ce qui m’arrive mais je n’arrive pas à lui adresser la parole ou à le regarder dans les yeux. Je suis comme paralysée. Puis je sais qu’une heure a dû s’écouler ou peut-être deux. Je ne sais pas en fait. C’est à ce moment-là que je décide de reprendre le contrôle. Séparant nos corps, je me redresse en chancelant. Une main sur la porte, un vertige en avertissement, je ferme les yeux pour le faire passer et ouvre la porte. Sans attendre l’aval de Cailan, je sors en séchant mes dernières larmes. Comme un animal perdu, je retourne au dernier endroit où je suis partie. À peine arrivé dans l’échoppe de mon vieil ami, je m’écroule encore une fois en faisant tomber en bocal. Rien que le bruit le fait lâcher un juron. Quand il rentre dans la pièce et me voit, il s’arrête avant de porter son attention dehors. Je fais de même et je vois Cailan entrer. D’un simple regard, j’appelle à l’aide mon ami.

S’éclaircissant la voix, il s’approche de nous et pose une main sur le bras de mon amant en le forçant à le suivre en silence.

▬ J’ai à vous parler jeune homme.

Il ne se fait pas prier et ils rentrent dans la même pièce que tout à l’heure. Pour ma part, je me penche en avant en portant une main à ma bouche. Il fallait que je me calme. Par n’importe quel moyen. Le seul qui me vient à l’esprit est simple. Sortir d’ici, sentir le vent contre ma peau, reprendre des couleurs. Je me redresse et termine juste à l’entrée. Ne trouvant pas le repos de l’âme, je fais plusieurs pas en avant. Je me triture les mains, je me casse même un ongle en me rongeant. Rester statique je ne peux pas. Il faut… En reportant mon attention sur l’autre côté de la route, je le vois au pas de la porte à me fixer. Je n’ose même pas m’avancer



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"La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute." N.M
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"On ne vit qu'une fois, mais avec espoir"
"Tuer pour soi est un meurtre, tuer pour son gouvernement est héroïque, tuer pour le plaisir est anodin."
Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer comme on ne t'a jamais aimé ! Je vais t'aimer plus loin que tes rêves ont imaginer ! Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer comme personne n'a osé t'aimer ! Je vais t'aimer comme j'aurais tellement aimé être aimé ! Je vais t'aimer !"
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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Dim 22 Nov - 12:11

Le miracle d'une vie




Machinalement, elle m'écartait pour se redresser et partir tel un automate dans les rues bondées de Malghar. Mais qu'est-ce qui lui arrivait ? Je ne l'avais jamais vue comme ça. Son absence apparente me glaçait le sang. J'aurais donné cher pour connaître les causes de ce comportement inhabituel.

Je m'empressais de suivre ses pas. Ce n'était pas bien difficile puisqu'elle heurtait les gens sans cesse, qui ne se gênaient pas pour l'arroser de noms fleuris, tandis que je me glissais entre eux, cherchant à rejoindre l'élue de mon cœur. Plusieurs minutes plus tard, je la perdis brutalement de vue.

Mes yeux fouillèrent la ruelle. Où était-elle passée ? Et si elle se sentait subitement mal, si elle avait de nouveau un malaise ? Mes sens en alerte, je repassais plusieurs fois le chemin en sens inverse. Je la repérai finalement à travers la vitre d'un pieux magasin. Je soupirais et allais dans cette direction.

En poussant la porte de bois, je me sentis soulagé en constatant que c'était bel et bien Narah. Pas de doutes, avec elle, j'aurais des cheveux blancs avant l'heure. Mais apparemment, mon calvaire était loin d'être terminé. Elle était une nouvelle fois affalée sur le sol et un binoclard me regardait avec un air désespéré.

Je fronçais les sourcils. C'était qui lui ? Si Narah m'avait déjà parlé d'un type pareil, je m'en souviendrais. Quelque chose m'empêche malgré moi de ressentir une quelque conque forme d'agressivité à son égard. C'est peut-être à cause de ses yeux fatigués encerclés par ses binocles. Faudrait que j'essaye d'en porter, un jour. Quoique non, ça me vieillirait trop.

Il s'approchait à pas mesurés de moi et finissait par me poser une main aux ongles courts mais propres sur le bras. D'une voix qui se voulait enjouée mais qui montrait une certaine appréhension, il me demandait de le suivre. Demander était un mot faible puisque le grand-père m'embarquait à sa suite dans l'arrière-boutique sans me consulter.

Ses yeux attentifs me scrutaient tandis que je m'asseyais sur la caisse de bois proposée. Il attendait quelque chose de précis de ma part. J'attendais qu'il prenne la parole, cependant il continuait de me dévisager pendant une bonne minute. Comme s'il me jaugeait voir si j'étais digne de confiance de connaître ce qu'il avait à me dire.

- N'y passez pas 120 ans le vieux, autrement je risque de finir comme vous.
- Cailan Ailen. Sacré personnage ! s'amusait-il.
- J'étais sérieux. J'ai une femme à m'occuper, moi.

Tandis que je me relevais, sa mine s'était assombrie. Il se précipita sur mon bras et me força à me rasseoir. Bizarre le bonhomme tout de même. Enfin, j'imaginais que c'était l'âge. Pourtant, 50 balais, c'est pas tant que ça, Luis, qui en avait 45, en était la preuve. Je croisais une jambe et soupirais en attendant la suite. S'il se décidait à cracher le morceau, évidemment.

- Narah, n'est-ce pas ?
- Il n'y a et n'y aura qu'elle, lui répondais-je en évitant de soupirer d'impatience.
- Mmh. Je l'espère pour elle.
- Bon sang, vous allez accoucher oui ? m'agaçais-je.
- Ah, en plein dans le mille mon garçon ! dit-il en s'esclaffant.

Il était bipolaire ce type. Un coup il abordait une mine inquiète, un coup une mine joyeuse. Mon exaspération grimpait en flèche. Et puis, je captais ce qu'il venait de me dire. Comment ça "en plein dans le mille" ? Je cherchais ce que je venais de dire. Je lui avais demandé de me déballer son affaire non ? C'était quoi le mot exact ? ... "Accoucher" ? Je fronçais vivement les sourcils. Je devais me tromper, c'était impossible.

- Vous êtes en train de me dire que...
- ... Narah est enceinte, oui, compléta-t-il. De vous, se dépêcha-t-il de préciser.
- Mais... Comment ?
- Même la science ne pourrait l'expliquer. Je considère que c'est le destin qui vous a fait une fleur.
- Depuis quand ?
- Je dirais mi-Walhdrick.

Je réfléchissais à toute vitesse. Mi-Walhdrick. Ça voulait dire que... Orsak. Je souriais. La conception s'était donc faite sur l'île d'Orsak, quand Narah était persuadée que je la trompais. Curieux coup du destin. Je remerciais d'un signe de tête le barbu et retournais voir la miraculée. Elle était sortie du magasin. Je remerciais de nouveau le vieux et prenais congé. Narah m'attendait de l'autre côté de la route.

Ses grands yeux angoissés étaient rivés sur moi. Je marchais doucement vers elle. La nouvelle me rendait fou de joie, mais la voir au plus bas me dévastait. Je m'approchais doucement d'elle, les yeux brillants, et me hâtais de la prendre dans mes bras. Elle éclata en sanglots. Je lui caressais les cheveux d'une main apaisante pour qu'elle se calme et inspirais avec bonheur son odeur. Elle portait notre enfant.

Lorsqu'elle me semblait aller mieux, je pris son visage en coupe pour déposer tendrement mes lèvres sur les siennes. Un peu perdue, elle laissa quelques secondes planer avant de répondre au baiser. Cette hésitation m'inquiéta quelque peu, mais je décidais de ne pas y faire attention. Je devais m'être imaginé quelque chose ou avoir mal interprété quelque chose. Je la fixais dans les yeux :

- Mon amour, ma femme, ma chérie, je suis tellement fier de toi.

L'instant magique se décomposa peut à peu. Elle me fixait, interdite. Merde. Avais-je fait une boulette ? Je scrutais ses beaux yeux qui menaçaient de déverser leur trop-plein d'eau. Je me crispais soudainement en pensant que j'avais oublié de demander au bonhomme si elle le gardait. Élever notre enfant à deux me semblait tellement évident que je n'avais pas pensé qu'elle pourrait ne pas le vouloir.

- Dis-moi, trésor... Tu le veux ?


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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Dim 22 Nov - 15:24

Le miracle d’une vie

Rêvons nos vies; Vivons nos rêves… Le doute détruit beaucoup plus de rêves que l’échec.


Je n’arrive pas à être moi-même. C’est comme si je vivais en dehors de mon propre corps. Je sens et j’entends Cailan. Je sais très bien qu’il est inquiet part mon état mais je n’arrive pas à être autrement. Alors je l’abandonne sur le sol de notre maison pour que j’aille prendre l’air. Que je retourne voir celui qui m’avait annoncé la nouvelle.

Il ne m’a pas fallu longtemps. Lorsque j’arrive, je ne fais attention à rien. Quand il tombe sur moi, il est tout aussi surpris que la première fois. Il ne comprend pas ma venue. Mais très vite, il voit arriver un homme et fait le lien avec moi. Il ne prend pas de gant, ne demande pas s’il est possible de pouvoir parler. Il prend les devants en sachant très bien qu’il est mon dernier espoir. Vu qu’il m’est impossible de parler de ça. Lorsque je les vois disparaître, c’est comme si, avec eux partait aussi cet étau. J’arrive à mieux respirer, mes pensées sont plus claires et je décide enfin d’aller voir dehors. Me changer les idées et prendre l’air.

Pourtant, je ne peux pas m’empêcher d’être septique. Comment est-ce qu’il va le prendre ? Bien, ou alors mal ? Il a toujours voulu en arriver là ou c’est trop tôt pour lui ? Pour une fois dans ma vie, je me surprends à me ronger les ongles. La douleur d’en avoir arraché un me coupe dans mes pensées. Je fixe l’ongle quelques secondes. Il faut vraiment que j’aille dehors. Sans attendre je traverse la rue et le dos tourné à la rue, je fixe le mur de la maison en face. Comme si elle est la seule chose plausible dans ce monde.

Tauryon m’a prévenu de la date approximative de ma grossesse. C’est presque choqué que j’ai donc appris que c’était au moment où j’avais le plus douté de lui. La fois où il m’avait pris dans l’eau. Où même lorsque je le voulais le détester, je ne pouvais que l’aimer encore plus. Tout en ayant des souvenirs de cette journée, je me retourne vers la rue pour tomber sur Cailan sortant de l’échoppe. Nous nous fixions et il se charge de faire le trajet vers moi. Je n’arrive même à bouger. Dès lors qu’il me prend dans les bras, j’éclate en sanglot sans pouvoir m’arrêter. J’allais pourtant très bien avant qu’il n’arrive… Sans doute que j’ai peur de sa réaction ou de ses mots. Comme lorsque je vais mal, il passe sa main dans mes cheveux. Je porte une main à ma bouche pour m’empêcher de suffoquer sous mes larmes. Il doit bien se passer dix minutes et lorsque je me calme enfin, je le sens me toucher le visage. Bien que l’envie de le regarder soit forte, je m’abstiens. Je le fuis.

Il m’embrasse. Je reste interdite plusieurs secondes. Il n’a pas l’air contrarié de la nouvelle. Je trouve alors le courage de le regarder après avoir répondu à son baisé. Mais il n’est pas comme d’habitude. Je le sais et il doit le sentir. Alors qu’il me fixe, ses mots me font comme un violent coup derrière la nuque. Je sens mon cœur se serrer. Il est… C’est plus fort que moi, je sens de nouveau monter les larmes mais je trouve le courage ne pas les faire rouler.

Il me demande alors si je le veux, si je compte le garder, le chérir, le voir grandir. Je lâche un hoquet de surprise. Cette pensée me hante depuis que je suis au courant. D’abord fuyant, mon regard fixe un côté de la rue. Tout le monde se fiche de ce qui se passe. Ils vivent leur vie. Puis je vois au loin une femme qui se retourne et tend une main en souriant. Une petite main vient rejoindre celle tendue. Il n’y a pas le père. Juste l’enfant et la mère. Cette scène me fait revenir à moi. Je pose mes mains sur celles de Cailan et le regarde droit dans les yeux. Bizarrement, je n’ai plus vraiment envie de pleurer je me pose juste tant de questions que ma tête se noie.

▬ Et si je suis une mauvaise mère ? Et s’il n’est pas heureux ? Qu’il nous déteste parce qu’on est des tueurs ? Si je fais une fausse couche ! Si... J’ai tellement peur Cailan.

En fait, les larmes se mettent à couler d’elles-mêmes sans que je ne commande mon corps. C’est vrai, j’ai peur de l’avenir. Il me sera impossible de vivre si je sais que mon propre enfant ne n’aimera pas. Rien que cette éventualité me donne envie de hurler. Une de mes mains se pose sur mon ventre et je baisse la tête. Il y a en moi le fruit de ce que j’ai toujours voulu. L’être que j’ai toujours rêvé d’avoir avec l’homme que j’aime. Maintenant que j’ai les deux, je me demande si je suis raisonnable. Mais après mon accident, j’ai rayé de ma vie l’idée d’avoir un enfant. D’une utopie inaccessible je me retrouve enceinte. On m’avait pourtant dit que c’était impossible.

Ma main présente sur mon ventre se serre alors à cette pensée. Cet enfant sera mon petit miracle. Je comprends mieux maintenant mes symptômes. Je n’ai même pas fait attention à mon sang de lune. J’aurais pu m’en douter plus tôt. Enfin, tout est fait. Je le sais, Cailan aussi. Je relève les yeux vers lui et part chercher son cou pour y enfouir mon visage. Je l’enlace plusieurs minutes. Part mon geste, j’essaye de trouver le courage. Je me retire finalement, baisse la tête en prenant une inspiration puis je le fixe. Remettant une mèche de cheveux derrière mon oreille je prends alors la parole en posant sa main sur mon ventre par-dessus la mienne,

▬ Plus que tout je le veux... Mais toi ?


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"Tuer pour soi est un meurtre, tuer pour son gouvernement est héroïque, tuer pour le plaisir est anodin."
Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer comme on ne t'a jamais aimé ! Je vais t'aimer plus loin que tes rêves ont imaginer ! Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer comme personne n'a osé t'aimer ! Je vais t'aimer comme j'aurais tellement aimé être aimé ! Je vais t'aimer !"
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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Lun 23 Nov - 10:43

Le miracle d'une vie




Je soupirais de soulagement lorsqu'elle m'avoua qu'elle voulait le garder. Mais le fait qu'elle ne savait pas si c'était mon cas m'intriguait. N'avais-je pas la tête de l'emploi ? Ne voyait-elle pas que je n'hésiterai pas à me mettre à genoux pour cet enfant tombé du ciel ? Il était si petit, et pourtant déjà si fort.

Il fallait l'avouer, je ne connaissais aucun enfant qui avait réussi à germer après un viol destiné à empêcher toute maternité. Et le fait que cet enfant avait été conçu au moment où la symbiose était faible dans notre couple... Ce bébé était chanceux, ou savait tout simplement comment provoquer la chance.

Narah avait posé nos mains unies sur son ventre encore plat. Je me plaisais à l'imaginer, quelques mois plus tard, rebondit et contenant notre petit être qui se débattrait à l'intérieur pour pouvoir enfin sortir et affronter le monde du haut de ses trois pommes... Cette vision m'amenait un franc sourire.

- Plus que tout, je le veux. C'est une part de toi et moi, non ? Et on ne laisse jamais tomber sa famille. C'est peut-être un peu tôt pour dire ça, mais c'est vrai. Pour moi, il en fait partie, affirmais-je avec force.

Narah me fixait de ses yeux turquoises. Je me demandais comment avait-elle pu penser que je ne voudrais pas de cet enfant, que je refuserais d'affirmer ma paternité. Je décidais d'aborder le sujet et de faire quitter cet air grave qu'elle avait sur le visage. Jamais plus elle ne devra douter de moi.

- Tu sais que je suis à tes pieds. Je serais également à genoux devant notre bébé. Pas à ses pieds, sinon il va me marcher dessus comme sa mère, et comme je suis l'homme de la famille, il faut bien que je montre un peu de puissance par-ci par-là, lui confiais-je mi-figue mi-raisin.

Je m'interrogeais maintenant sur ce qu'elle m'avait dit plus tôt. Elle était capable de tant d'attentions et de tendresse, je ne voyais pas comment cet enfant ne pourrait pas être heureux. De l'amour et de la sécurité, à cet âge-là, et même plus tard, ce sont les piliers de tout.

- Une mauvaise mère, ça n'existe pas, à moins que tu le désires ardemment. Oh, mon amour, regarde-toi et ose me dire que tu en seras une. Regarde notre couple. Regarde l'amour que tu me donnes, te crois-tu incapable de lui en donner ne serait-ce qu'une petite parcelle ? Non ? Un enfant n'a besoin que d'amour, et tu débordes de cela. Aies confiance, tu as tous les ingrédients nécessaires pour être une maman topissime ! M'exclamais-je. Et puis, je serais là, je te donnerais un coup de main, lui soufflais-je en lui octroyant un coup de coude complice.

Le fait que l'on soit tous deux des tueurs, je ne pensais pas que ça dérangerait notre enfant, si l'on le lui explique avec les bons mots. Tout petit, il ne se rendra compte de rien. Par contre, quand il allait se rendre compte et avoir la notion de "mort", on allait moins rigoler, sans oublier la fameuse "crise d'ado" quelques années plus tard.

- Il ne se rendra compte de cela que lorsqu'il sera plus grand, vers 3 ou 4 ans. Ça nous laisse pas mal de marge, tu ne crois pas ? Souriais-je.

La fausse couche m'inquiétait un peu plus. Il faudrait que j'investisse dans une guérisseuse - ou soigneuse, c'était la même chose pour moi - dans les prochains mois. Oui, une et pas un. Hors de question qu'un homme s'approche de Narah pour l'ausculter. J'en avais des frissons rien qu'en y pensant.

- Je serais là. Il y aura aussi une soigneuse - ou une guérisseuse - qui sera là pour toi. Je surpris son haussement de sourcil. Bon, si tu y tiens vraiment, le vieux qui m'a parlé pourra te soigner.  Je connais pas ses capacités, mais si tu as confiance en lui, c'est qu'il doit bien faire son boulot.

Je la serrais un peu plus fort dans mes bras. Ses peurs, je les sentais. Dans ses muscles tremblants et crispés, dans ses yeux qui s'allumaient d'une lueur folle, dans ses pleurs. Et c'était à moi de la réconforter. Parce que j'étais son... Bigre, c'était vrai ça !

Elle était enceinte et elle n'était toujours pas mariée ? Je secouais la tête en signe d'exaspération. Mon enfant naîtra seulement d'un mariage. Et Narah était la femme de ma vie, j'en étais certain. Je souriais tout seul. Quand elle sera moins instable, je l'emmènerais voir Luis.

- Dis-moi chacune de tes peurs, je m'assurerais de toutes les chasser, une par une, lui répondais-je en posant un baiser sur son front.


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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Lun 23 Nov - 15:12

Le miracle d’une vie

Rêvons nos vies; Vivons nos rêves… Le doute détruit beaucoup plus de rêves que l’échec.


J’ai répondu à sa question sur l’envie de le garder. Je lui ai dit que je voulais plus que tout voir cet enfant naître. Vu sa réaction, je comprends que lui retourner la question a été stupide. Mais ce fut plus fort que moi. J’avais voulu savoir pour lui aussi. Qu’il mette des mots sur ce que je ne sais pas. Ce que je ne peux pas voir. Alors que je posais une main sur la mienne pour qu’il touche mon ventre, en reportant mon attention sur lui, son sourire me surprend. Mais très vite je comprends pourquoi. Comme moi il veut ce bébé. Je souris à cette nouvelle mais garde le silence préférant le laisser continuer. Je hoche la tête quand il pose une question. Même si cette dernière ne demande aucune réponse. Il me dit que cet être fait déjà partie de la famille.

Je reste interdite. Famille… Nous formons une famille lui et moi ? Je le regarde doit dans les yeux. Famille. La mienne, ma vraie. Je l’ai abandonné pour vivre en liberté. J’ai faillis mourir elle. Puis j’ai une autre famille. Celle de la confrérie. Par ma faute, elle est morte. Nous ne sommes plus que deux. Maintenant, il me fait part d’une troisième famille. N’entourant que lui et moi et plus tard… Je baisse la tête vers mon ventre. Mais je la relève très rapidement lorsqu’il reprend la parole. Il me fait qu’il est déjà à mes pieds. Cette image me donne un rictus. Il veut faire un peu d’humour. Je le laisse faire me contentant simplement d’avoir une réaction.

Je sais maintenant qu’il fera tout pour lui et moi. Cette nouvelle me réconforte, me retire toute la peur que je peux encore avoir. Je suis tellement heureuse maintenant. Même si j’ai peur des saisons avenirs. Puis il revient sur mes multiples questions. Il veut me rassurer et je le remercie intérieurement en l’écoutant. Il fait référence à mon amour pour lui du fait que je ne serai pas une mauvaise mère et que de toute manière, ça n’existe pas. Sa dernière phrase est ponctuée d’un geste. Je frotte l’endroit où il m’a touché en souriant faiblement. Puis il reprend après un bref silence. Cette fois sur ma peur qu’il nous déteste. De la marge. Mais tout vient si vite… Puis la fausse couche. Il me redit encore qu’il sera là. Mais dès lors qu’il me parle d’aide je le fixe avec surprise. Il reprend presque aussitôt. Tauryon pourra être là. Je soupir de soulagement. Il sait tout lui. Une soigneuse je devrai lui avouer mon viol.

Il me serre dans ses bras. Je respire son odeur. Celle qui n’a pas changé depuis la première fois. Celle après mon premier assassinat quand il m’a pris dans ses bras. Cette odeur de chaleur, de blé et de liberté. Mes mains se crispent sur sa chemise, ma tête s’enfouie dans son cou que j’embrasse juste après. Jamais je ne pourrais le remercier de tout ce qu’il me donne. Je me retire alors lentement pour que nous nous regardions et il me demande de lui avouer toutes mes peurs. Je ferme les yeux quand il m’embrasse le front. Je ne les rouvre que pour parler.

▬ Les femmes enceintes sont grosses et disgracieuses… Voudras tu encore de moi à ce moment-là ?

Il m’a redonné du courage et de la combattivité que j’ai d’habitude. Cette question, c’est juste pour voir sa réaction. Rien qu’à voir sa tête, il ne se doutait pas un instant que j’allais dire ça. Je souris avant de prendre son visage entre mes mains,

▬ Tu devrais voir ta tête mon amour, elle est épic.

Je laisse échapper un petit rire en lui caressant la joue. Puis je regarde, en détail. J’ai tellement de mal à me dire que je porte son enfant. Parce que oui. Il n’y a et n’a eu que lui depuis mon viol. Lorsque j’étais encore une jeune voleuse, l’espoir de ce jour était très loin. Je me souvenais le fixer en silence en espérant un regard ou un sourire de sa part. Me faisant violence quand il embrassait son humaine de l’époque. Je ne vais pas cacher que le jour et les saisons défilant après sa disparition m’avaient ravi au plus haut point. J’avais retrouvé mon ami et son attention.

Maintenant, en plus de ça. Je me retrouve avec son amour. Ce que jamais je n’avais espéré. Mon sourire s’intensifie lorsque je me mets à penser à l’enfant qui se met à grandir en moi. Je me demande comment il sera. Aura-t-il les yeux de son père ? La capacité de se transformer comme moi ? Son sourire ? Mon mauvais caractère ? Ses cheveux blonds ? Mon nez ? Trop de questions se bousculent dans ma tête. Je ne peux même pas y répondre. Et s’il a la même capacité que moi… Cailan allait devoir s’y faire. Deux fauves à la maison. Mais je dis « il ». Sans doute que se sera elle après tout.

Je pars chercher ses lèvres pour partir de mon état second. Je le fixe encore dans les yeux avant de lui faire signer de reprendre la route. Après tant d’émotion, j’ai besoin du calme de la maison et de l’odeur de soupe, ainsi que les pas rapide de Camille. Main dans la main, nous marchons dans les rues de Malghar. C’est bizarre, mais plus rien n’a la même couleur et la même saveur. Je suis réceptive à tout ce qui m’entoure. Je le lâche au bout d’un moment et fait quelques pas en avant,

▬ Tu sais, je viens de remarquer, nous avons notre amour, un toit, bientôt un enfant… Il ne manque plus que la demande en mariage !

Je me mets à rire après mes propos. La constations est drôle. C’est vrai non ? Mais je le vois mal me le demander. Il n’est pas de ce genre-là. Il n’est pas du genre à faire comme tout le monde. Il… Pourquoi est-ce que je parle toute seule ? Je me retourne pour le regarder et je constate malgré moi qu’il sait arrêter. Je fais demi-tour pour me poster devant lui. Mon expression se fait plus marquée.

▬ Mon amour ?

Je repense à mes propos et pose une main sur son épaule en le fixant avec un sourire. C’est une blague. Je rigole. Je ne suis pas sérieuse. Ce n’est qu’une constatation pas une demande !

▬ Cailan je rigole… Cailan !



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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Ven 1 Jan - 14:47

Le miracle d'une vie




Je me pétrifiais sur place quand elle m'annonça avec aplomb qu'une femme enceinte n'était que grosseur et disgrâce. Comment une femme, qui portait la vie, le fruit d'un amour consumé, pouvait-elle être repoussante ? C'était tout bonnement... impensable. À mes yeux, une femme enceinte était tel un trésor.

Toutes ces femmes au sourire ravi et au ventre rebondi, ces bambins tenus étroitement dans des bras attentifs ou par une main bienveillante, me donnait envie. Envie de connaître ce sentiment de bonheur, ce besoin de protéger un être cher, que je ne pensais jamais pouvoir ressentir auparavant. Mais j'étais tombé fou amoureux d'une tête de mule, et tout avait changé du tout au tout.

Du jour au lendemain, mon cœur avait été pris, et mes sentiments s'étaient développés au point où je ne la voulais que pour moi, au risque de blesser - ou plus - celui qui s'approcherait ou loucherait un peu trop sur ma promise. L'enfant qu'elle mettra au monde sera également sous ma protection. J'étais prêt à tout pour eux.

- Ne ris pas mon amour, ce n'était vraiment pas drôle, lui répondais-je d'un léger soupir. J'adorerais te voir avec le ventre rond, ça t'irais à merveille. Et puis, n'oublions pas tes seins qui prendront du volume... lui lançais-je avec un clin d'œil. Rien que pour ça, l'enfantement a du bon !

Elle levait les yeux au ciel, mais continuait à sourire. Sa main se glissa dans la mienne, m'enjoignant à la suivre. D'un pas souple, elle m'emmenait à travers les rues de la ville des Humains. La voir aussi heureuse m'ammenait le sourire également. Ça faisait longtemps qu'elle avait grise mine. Enfin, comme elle vivait pour deux, je comprenais mieux maintenant.

D'une voix amusée, elle me fit remarquer que nous avions « notre amour, un toit, bientôt un enfant » et qu'il ne « manquait plus que la demande en mariage ». Tandis qu'elle éclatait de rire, ravie de ce qu'elle venait de dire, je m'arrêtais brusquement, les yeux écarquillés. C'était une blague, hein ?

Au bout de quelques instants, elle se stoppait à son tour. Elle avait dû remarquer que je ne la suivais plus. Mon petit bout de femme se planta devant moi et sa main se posa sur mon épaule pour excercer une douce pression. Elle finissait par lâcher les mots que j'attendais : oui, c'était une blague.

Complètement mal à l'aise, j'évitais de la regarder dans les yeux. Bon sang, elle était obligée de parler de ça maintenant ? Je me dégageais et continuais à marcher, plus vivement. Sa perspicacité allait me tuer. Une demande en mariage, ça se faisait par surprise, non ? Et comment j'allais la faire, moi, maintenant ?

Je me retournais soudainement et la fixais dans les yeux, agacé. Ma fierté venait d'en prendre un coup. Elle ne pouvait pas se contenter de me parler bébé, non, il fallait qu'elle parle de ce que j'avais mis du temps à mettre en place. Et avec ma fichue réaction, il m'était difficile de faire marche arrière. J'avais foutu les pieds en plein dans le plat.

- Et si c'était pas une blague, hein ?! m'emportais-je.

Elle fronçait les sourcils alors que je me battais intérieurement pour être clair et ne pas m'énerver. J'avais conscience au fond de moi que cette colère était complètement débile, mais je ne pouvais m'en empêcher. J'essayais de m'en sortir sans perdre de plumes. Je prenais une profonde inspiration puis précisais en prenant soin de détacher chaque syllabe :

- Et si je te demandais en mariage, là, tout de suite ?


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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Dim 7 Fév - 0:13

Le miracle d’une vie

Rêvons nos vies; Vivons nos rêves… Le doute détruit beaucoup plus de rêves que l’échec.


Je veux savoir s’il m’aimera toujours après que mon ventre devienne horriblement gros et disgracieux. Cette question, il l’a prise au pied de la lettre, il n’y a pas d’autre mot possible, sa tête me le fait bien remarquer. Mais je sais déjà sa réponse. Même pas besoin d’attendre une réponse de sa part. Je sais qu’il m’aime même avec des nausées, des vomissements, mes crises, mes pleurs et mes colères. Sinon, il m’aurait déjà abandonné. Depuis longtemps je pense. Bien avant notre union sur l’île. Bien avant notre promenade à Malghar. Bien avant la guerre même. Le jour où il a lu mon journal. Il aurait pu me laisser ce jour-là. Mais non, il m’avait pris dans ses bras. Je me souviens encore de la colère et de la honte qui m’avait habitée. Mais il réplique sur la question que je ne dois pas dire des choses comme n’étant absolument pas drôle. Mais si. C’était drôle. Rien que pour voir sa tête ! Puis il continue en me disant qu’il adorerait me voir avec le ventre rond. Je pense sérieusement qu’il va s’arrêter là mais non, il fait un commentaire sur la poitrine. Un clin d’œil et je rougis avant de lever les yeux au ciel en souriant.

▬ Dis aussi qu’elle ne te plaît pas actuellement…

Je lui tire la langue avant de serrer sa main dans la mienne. Je me mets alors à marcher sans le lâcher pour autant. Nous marchons en silence à travers les rues de Malghar avant que ne me décide de lui faire une remarque. J’en ris juste après mais l’arrêt brutal de Cailan m’inquiète. En effet, après avoir parlé de mariage, il reste là, figé comme si je venais de dire un mot inconnu ou magique. Je m’arrête à mon tour et va à sa rencontre. Son regard fuyant… Il m’évite et reprend la marche. Je le regarde en silence. Fixant son dos et le laissant partir. Puis, il se retourne et revient vers moi. Ses yeux dans les miens, il devint très sérieux, je le lis. Il me lâche comme ça, aussi simplement… Si ce n’est pas pour rire ?

▬ Je…

Ne sais pas quoi dire. Il me prend au dépourvu. J’ouvre la bouche pour mieux la refermer. Pas tous les Dieux, si je m’attendais à une réponse de la sorte, je me serais préparée ! Mais là… Je baisse les yeux instinctivement. Il peut penser que je le fuis et je ne vais pas mentir que c’est le cas. D’une simple rigolade, me voilà confronté à une pseudo demande. Il ne sait pas à quel point j’avais attendu ce jour. Celui où il allait enfin me le demander. Moi qui n’avais d’yeux pour lui depuis mon adolescence. Moi qui avais tant espéré et tant perdu en même temps.
Pourtant, lentement, je m’approche de lui et lui prend les mains avant de me coller assez à sa personne. Je me mets à sourire emmenant sa main à mon ventre et l’autre dans le bas de mon dos.

Il y a des questions que j’aurais pu poser à ma mère si je n’étais pas partie comme une voleuse après une énième dispute avec mon père. Si j’étais restée à faire la bonne fille, qu’est-ce que je serais devenue ? Qui aurais-je été ? Je n’aurais jamais croisé la route de Hope, ni même d’Elador et encore moins celle de Cailan. Si j’étais restée dans ma campagne, je me serais sans doute mariée avec un le fils d’un ami. Ou alors je me serais unie avec un sang-pur et non un hybride. Si j’étais restée, j’aurais pu connaître mes deux petits frères. J’aurais été une aînée à la hauteur. Sauvant les deux raisons vivres de la famille. Protégeant Darien et en lui évitant d’aller se tuer à la guerre.

▬ Si tu me le demandes, alors je te répondrais ceci. « Oui. Oui je veux devenir ta femme. »

Mon sourire s’illumine et je l’embrasse avec amour avant de l’enlacer. Je peux même accepter qu’on le fasse maintenant. Je n’ai jamais rêvé d’être marié. Pourtant, avec lui, je peux envisager ce que toutes les petites filles rêvent d’avoir. Je ne peux rien demander de plus que de finir ma vie avec lui en regardant notre enfant grandir et devenir un adulte. Néanmoins, je m’embrume rapidement. Mes parents. Ils ne savent plus rien de moi. Même pas si je suis encore en vie !

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" Tomber est permis, se relever est ordonné ! "
"On ne vit qu'une fois, mais avec espoir"
"Tuer pour soi est un meurtre, tuer pour son gouvernement est héroïque, tuer pour le plaisir est anodin."
Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer comme on ne t'a jamais aimé ! Je vais t'aimer plus loin que tes rêves ont imaginer ! Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer comme personne n'a osé t'aimer ! Je vais t'aimer comme j'aurais tellement aimé être aimé ! Je vais t'aimer !"
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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Lun 22 Fév - 23:47

Le miracle d'une vie




Ses yeux se mettent à étinceler de mille feux, répondant silencieusement à ma demande voilée. Mon cœur se soulève de bonheur et se met à faire des bonds dans ma poitrine devenue brusquement trop étroite, étouffant mes poumons au passage. Des papillons tourbillonnent dans mon ventre, le frôlant avec des picotements aigües. Bon sang, tout mon corps me lâche ! C'est pire encore que lorsque nous avions échangé notre premier baiser ou partagé nos draps pour la première fois.

Prenant sa main et entrelaçant ses doigts aux miens, je m'élance vers le cœur de la capitale. Je ne comptais pas rester dans cette ruelle grouillant de morveux et de microbes aux oreilles pendantes. Et puis, honnêtement, les rues n'étaient pas les meilleurs endroits pour aborder quelques sujets personnels, surtout lors d'une fin de matinée où les marchands traînaient un peu partout dans l'espoir de rafler quelques pièces dorées. Sans leur jeter un coup d'œil, je passe de rue en rue, recherchant quelque chose.

En fait, je recherchais la maison de la grand-mère de Livia. Non non, je ne comptais pas la kidnapper ou quoi que ce soit. Dans sa cour, il y avait quelque chose qui m'avait tapé dans l'œil, la première fois que j'y étais venu. Et les autres fois aussi, par ailleurs. Ça me semblait être le moment idéal pour y retourner, en compagnie de Narah. Connaissant la Grand-Ma, je savais qu'elle était en déplacement pour quelques raisons de bonne-femme. Et évidemment, j'avais un jeu des clés.

Une vingtaine de minutes plus tard, légèrement essoufflés, nous étions devant le perron. Je posais un doigt sur les lèvres de Narah et lui fis un clin d'œil, anticipant ses questions. Fouillant mes poches, j'en sortais, vainqueur, une petite clé de métal à l'allure elfique. Elle se crocha dans la serrure et ouvrit la porte quelques instants après. Passant le hall, je me dirigeais sans hésitation vers l'arrière-cour.

Parmi les herbes folles se dressait une ancienne fontaine. Creusée à même la terre, elle était surplombé de quatre piliers au sommet desquels une voûte trônait majestueusement. L'un des quatre côtés était un mur. Une statue, représentant Cynéid, la déesse au noir dessein, en grandeur nature, y était accolée. Elle versait consciencieusement le liquide transparent à l'aide d'un large vase. Le petit bassin d'eau claire était parsemé de nénuphars roses qui contrastaient avec la blancheur de la pierre.

Je la laissais admirer. Remontant dans mes souvenirs, je me rappelais avoir été bluffé par ce petit monument qui me semblait comme magique. J'étais loin d'être sentimental, et pourtant, j'avais été charmé dès le premier regard. Comme pour celle qui se dressait à mes côtés. Lui jetant un coup d'œil, je la suivais lorsqu'elle s'avança sous la voûte. L'heure approchait. C'était ici que tout allait se jouer, que je ferais mes vœux envers l'élue de mon cœur. Avec la Déesse, que Narah avait requise pour le jour de son mariage, et notre enfant, pour seuls témoins.

Soudainement redevenu hésitant, je pose lentement un genou à terre. Rien que le fait d'accomplir ce simple geste me comble de joie. Ma gorge se serre sous l'émotion et un vent de panique souffle autour de moi. Comment suis-je sensé parlé dans un état pareil ? Je lève la tête vers celle de ma dulcinée et je constate qu'elle est dans le même état que moi. Les larmes inondent mes yeux. C'est dingue, je ne suis pourtant pas émotif et là... Je suis une vraie fillette.

Abandonnant toute sorte de dignité, je glisse mes doigts tremblants sous ma veste et les ressors avec un petit étui de cuir rigide. Ba-boum, ba-boum, ba-boum-ba-baboum-ba-boum. L'organe dans ma poitrine manque de lâcher. Je me suis rarement senti aussi vivant ! Je prends une grande inspiration. Je vais pas accoucher merde, je vais juste la demander en mariage ! Juste. Oui, c'est ça. Je vais juste demander l'amour de ma vie d'unir ses jours aux miens. Pour le meilleur et pour le pire, à jamais.

« Cailan, putain ! T'es un homme ! Un vrai, un dur de dur ! Mec, qu'est-ce que t'attends pour foncer ? T'as perdu tes couilles ou t'attends qu'elle se tire ? Alors dépêche-toi bordel de dieu ! »

Et je m'encourage mentalement. De mieux en mieux. Après ça, promis, je passe par l'hospice. J'ouvre l'écrin et en sors, les doigts toujours frémissants, la merveille. Un anneau d'or surmonté d'une pierre précieuse brillante et verte. Je tends la main, attrape sa main gauche et, tout en la regardant dans les yeux, lui enfile avec délicatesse la bague à l'annulaire gauche, là où la légende raconte que la veine de ce doigt est connectée directement au cœur.

- Alors considère que de par cet anneau, tu es mienne pour toujours et à jamais, pour le pire comme pour le meilleur, soufflais-je d'une voix rauque. Je jure, devant ce bout de chou et devant la Déesse, de t'aimer, de te protéger et de te respecter tout le temps que durera ma vie.

Je me relevais et la portais dans mes bras, un coude sous ses genoux et l'autre derrière sa nuque. Me penchant, je lui volais un baiser avant de lui murmurer « Je t'aime ». Je n'en revenais pas. Je venais de faire ce que j'avais toujours pensé ne jamais faire de ma vie. J'avais envie... D'hurler mon bonheur, de laisser exploser ma joie, de crier mon amour sur tous les toits. Nous étions ensemble. Mari et femme.

- JE SUIS MARIÉ ! m'époumonais-je.

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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Mer 24 Fév - 23:08

Le miracle d’une vie

Rêvons nos vies; Vivons nos rêves… Le doute détruit beaucoup plus de rêves que l’échec.


Franchement, je pensais que cette journée allait juste être le jour de cette nouvelle. Celle de ma grossesse et non cumuler deux évènements en un jour. Heureusement que j’ai le cœur solide… Je me vois mal tourner de l’œil à cette demande. La Lame Noire qui s’évanouit… Pathétique à vrai dire. Enfin ! La chose n’est pas à penser puisque cela n’est pas arrivé. Alors que mon esprit repart à l’aventure dans mes songes, je laisse échapper ma surprise lorsque Cailan me prend la main et m’entraîne à sa suite dans les rues de la ville. J’ai bien envie de lui demander le pourquoi mais je m’abstiens. Avec lui, je sais que je serai au courant dans les minutes qui suivent.

Certaines fois, j’avais laissé échapper deux ou trois rires face à sa soudaine hâte. Je ne savais absolument pas où il comptait me mener mais lorsqu’il s’arrêta enfin… Une maison ? Ce n’est pas la nôtre. Une rue peu fréquenté, assez luxueuse aux premiers abords… Mais. Je me tais et le suis de près. La maison est belle à l’intérieur mais comment dire… Ça sent le vieux. Mais peu importe pour Cailan, il continu. Nous terminons alors dans le jardin, derrière la maison. J’appelle ça jardin vu le nombre d’herbe et de mousse présentes. La maison a l’air habitée pourtant. Je hausse les épaules et regarde. En avançant, je tends l’oreille à un bruit familier. Celui de l’eau. Plus j’avance et plus le son se fait intense. Finalement, nous tombons sur une fontaine et j’entre ouvre la bouche de surprise.

Cynéid ! La Déesse pour laquelle je me bats depuis des années, pour qui je n’ai que ma dévotion et mon respect le plus sain. Je la contemple avec un sourire sincère. Elle est ma quête. De vengeance, de prospérité et de futur. Je compte bien tenir ma promesse silencieuse que j’ai faite ce jour-là. Celle de ne jamais renier mon instinct de tueuse et de retrouver la garce qui a détruit ma seconde famille. Brûlant les préceptes et laissant les cadavres pourrir dans le Nid… Quand je la vois, je me revois à genoux devant sa statue, majestueuse et couverte de sang. Je me souviens de la douleur à mon épaule mais surtout de la tristesse qui m’a consumé l’être pendant les jours qui ont suivi.

Aujourd’hui, je dois regarder sa présence autrement. Comme un signe de bénédiction et de renouveau. Un renouveau que je ne vais pas faire seule mais avec lui. Avec l’homme que j’aime et qui réussit à me faire rire et pleurer. Mon attention se reporte sur lui et je suis surprise de le voir à genoux devant moi. Il ne me regarde pas encore et pourtant, je sais. Je sais qu’il est anxieux de ce geste. Tout comme moi à vrai dire. Mais dès que son regard croise le mien, je lui adresse un beau et large sourire pour lui donner courage. Pour vraiment avouer, je ne suis pas pressée ! Je suis encore Narah Hawke en ce moment ! Une jeune femme aux multiples blessures internes mais qui peut compter sur l’amour de son fiancé pour avancer…

Lorsque que je le vois sortir un écrin, je sens mon cœur rater un battement et mon visage s’empourprer en un instant. Quand il l’ouvre, je laisse échapper un hoquet de surprise. Je ne m’attendais pas à ça ! Enfin, pas à une bague aussi… Combien est-ce qu’il lui a coûté ? J’ouvre la bouche pour dire quelque chose mais rien ne sort et nous nous regardons pendant qu’il la met à mon doigt. Il prend alors la parole pour sortir le sermon. Je l’écoute sans lâcher mon sourire puis il se relève, me prend dans ses bras et m’embrasse. Je réponds à son mot d’amour en lui caressant la joue. Il se sépare alors et… La surprise de ses propos est telle que je mets une main devant ma bouche. Je m’approche de lui, pose mes paumes sur son torse et regarde aux alentours pour être certaines qu’il n’y a personne.

▬ Cailan mon chéri ! Calme toi.

Je suis tout aussi heureuse que lui mais avant toute chose, je pense à notre sécurité. Je ne veux pas qu’on nous prenne en flagrant délit d’intrusion. Ou même que le propriétaire nous tombe dessus. Un dernier regard autour de nous et je passe mes bras autour de son cou et l’embrasse amoureusement. Je ferme les yeux. Tout vient de changer maintenant. Je suis Narah Ailen. Je colle mon corps contre le sien. Ailen. Les fois où je sortais ce nom c’était pour pointer du doigt des agissements qui ne me plaisait pas. Maintenant, ce nom fait partie de moi… Même si je garde pour mes contrats le nom de mon père. Je sens mon cœur battre, près à ce rompre à la moindre nouvelle. Finalement, je me sépare de ses lèvres et délicatement, j’enlace ses doigts dans les miens,

▬ Cailan Ailen, je promets de t’aimer et de t’aider malgré les obstacles et les besoins. Je te jure d’être là pour toi, pour le meilleur et, il faut bien l’avouer avec nous, pour le pire. Maintenant et à jamais.

Personnellement, il m’a tellement prit au dépourvu que je n’ai rien pour lui… Je dois alors me contenter de sourire en le regardant droit dans les yeux.

▬ Je t’aime.


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"La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute." N.M
" Quand un voleur ne trouve plus l'occasion de voler, il se croit honnête homme. "
" Tomber est permis, se relever est ordonné ! "
"On ne vit qu'une fois, mais avec espoir"
"Tuer pour soi est un meurtre, tuer pour son gouvernement est héroïque, tuer pour le plaisir est anodin."
Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer comme on ne t'a jamais aimé ! Je vais t'aimer plus loin que tes rêves ont imaginer ! Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer ! Je vais t'aimer comme personne n'a osé t'aimer ! Je vais t'aimer comme j'aurais tellement aimé être aimé ! Je vais t'aimer !"
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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Jeu 25 Fév - 10:05

Le miracle d'une vie





Pour la surprise, c'était absolument réussi. Elle ne s'était absolument pas préparée à ça, je l’avais lu dans ses yeux agrandis par l’ébahissement et sur ses lèvres entrouvertes, réprimant un cri de stupeur. Même si elle avait abordé le sujet – et par conséquent savait ce qui allait se tramer par la suite -, elle n’avait pas pris en compte la fontaine. Sur ce coup-là, j’étais fier de moi, et pas qu’un peu. Je pouvais me vanter de lui avoir offert ce qu’elle méritait.

Si elle désirait fêter notre mariage en grandes pompes plus tard, alors on organisera le tout et invitera ceux qui lui tiennent à cœur. Mais au moins, nous aurions fait une petit cérémonie entre nous, un moment intime que, je l’espère, elle se souviendra longtemps. Le bruit de l’eau, la présence de celle qui la guide dans son quotidien, son intimidation, sa joie, la sensation du métal de la bague sur sa peau, tout lui restera en mémoire.

L’euphorie du moment était telle que je n’avais pu résister à l’envie et au besoin de faire connaître au monde entier ma situation maritale. C’est ce que je disais, la cérémonie intime avait été parfaite. Vous me voyez beugler dans un temps ou autre lieu sacré pour ces culs serrés « Je suis marié » ? J’aurais été mis dehors à coups de pieds en moins de deux secondes ! Narah n’avait pu s’empêcher de rire et de me demander de me calmer. Son visage irradiait de bonheur, et, comme un gamin niais, j’étais heureux de lui en procurer autant.

À son tour, elle formule ses vœux. M’aimer et m’aider… Un sourire pervers se glisse sur mes lèvres. Je sais très bien en quoi elle pouvait m’aider… D’ailleurs, elle était incroyablement douée pour ça. À chaque fois, elle - une petite voix m’interrompt pour protester.

« Bordel Cailan, tu peux pas penser à ça ! Tu viens juste de te marier, laisse ta queue tomber pour une fois ! »

Je me racle la gorge. J’admets que pour une fois, c’est un peu déplacé. Et puis, je risque de casser la magie du moment en agissant comme un mâle en rut. Heureusement, Narah m’aide – bon sang, c’était dur de penser sans sous-entendu connotatif sexuellement parlant – en me disant qu’elle m’aimait. Ses yeux se plongèrent dans les miens, me démontrant tout l’amour qu’elle éprouvait pour moi.

Je souriais doucement et remettant une mèche de ses cheveux en place, tout en l’enveloppant d’un regard tendre.

- Narah Ailen… Ma femme.

Ça sonnait tellement bien. Bon, c’était un peu bizarre parce que je n’avais absolument pas l’habitude de l’appeler par son nom de famille, alors le mien… Mais je n’avais aucun doute que je la prendrais, cette habitude. Et elle n’était pas la seule à prendre mon nom. Ce petit être, qui grandissait en elle… Lui aussi l’aura. D’ailleurs, il faudrait lui trouver un nom… À moins que nous n’attendions de savoir son sexe ? Je haussais les épaules. On pouvait bien en choisir plusieurs de chaque genre, après tout, l’enfant n’allait pas naître immédiatement.

Je me laisse tomber assis sur le sol molletonné et tends une main vers Narah. Elle agrippe ma main et je l’entraîne sur moi. Plongeant mon visage dans son cou, je respire avec bonheur son odeur. Un silence confortable s’installe entre nous et je me demande à quoi elle pense. Je chuchote à son oreille :

- Madame Ailen, êtes-vous satisfaite de votre journée ?

Je l’écoute me répondre et souris. Que de choses en une journée… Un enfant, être papa, un mariage, être un mari. Je regardais en direction du ciel. Peu importe ce qu’il m’arrivait, j’étais absolument sûr d’être à la hauteur. Non pas parce que j’étais vaniteux ou autre chose, mais parce que c’était Narah qui était à mes côtés. Et avec elle, ou pour elle, je serais capable de tout. Me battre, me damner, subir les pires tortures. Ou tout simplement la supporter chaque jour. Je me mis à rire.

- Dans combien de temps ce petit amour va-t-il naître ? Tu te rends compte que cette vieille croûte ne m'a même pas dit quand la naissance était prévue !

Mon rire s'intensifia quand je vis sa tête. Ce n'était qu'un vieil homme après tout ! Je me calmais et lui tirais la langue. Bon, techniquement, j'étais un homme - un surhomme même, puisque j'étais marié - mais certaines fois... On ne pouvait pas dire qu'on se posait des questions - comme : mais il est adulte au moins ? -, cependant, j'admettais que je ne ressemblais pas à celui que je devrais être. Au diable la normalité !

- Si je te demande ça, c'est pour qu'on puisse lui trouver un nom.

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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Ven 26 Fév - 0:35

Le miracle d’une vie

Rêvons nos vies; Vivons nos rêves… Le doute détruit beaucoup plus de rêves que l’échec.


Mon cœur rate un battement puis un deuxième. Je suis prise d’une chaleur sans nom. Je vais faire ce que j’ai toujours pointé du doigt comme stéréotype stupide. D’un petit couple banale, deux hybrides à l’apparence elfique qui s’embrassent, il n’y a rien de mauvais dans l’histoire. Seulement si on ne sait pas la race. Admet-on qu’on apprend cela ! Cailan  sera en danger et le bébé aussi… Cynéid, je viens de dire oui ! Je viens tout juste de briser ce qui faisait de moi le genre de femme à ne pas faire comme les autres. À détester les conventions, les bonnes manières. Moi qui avais dit un jour que le mariage ne servait qu’à s’enchaîner…

Je comprends ce qui lie maintenant un couple marié. Je sais. Le même sentiment me parcoure en ce moment. J’ai des papillons dans l’estomac, je vis en dehors de mon propre corps. Il m’a prise au dépourvu. Le mariage n’était qu’une blague tout à l’heure et me voilà en fait mariée. À l’homme que j’aime depuis tant d’années. J’ai du mal à y croire. Du mal, jusqu’à ce qu’il se mette à hurler l’évidence comme un beau diable. Cette fois, je comprends et l’arrête. C’est donc à moi de prêter serment. Devant lui et Cynéid... Soit. Calmement, en prenant bien le temps de parler, je lui fais mes vœux et je constate malgré moi un sourire de sa part. Le même que lorsqu’il… Non ! Il ne peut pas… Il émet un bruit de gorge et je sens la mienne se desserrer. Un geste anodin de sa part et il remet une de mes mèches en place et je lui prends la main pour embrasser sa paume en même temps qu’il parle.

Venant de lui, le mot devient encore plus bizarre. Presque inconnu à mon oreille et pourtant, je porte bien son nom. Je suis bien sa femme. En silence, je le regarde. Savoir ce qu’il compte faire. Etrangement, au lieu de partir retrouver notre petite et nouvelle vie, il termine plutôt par terre et me tend une main. Sans attendre, je la prends et termine rapidement collé à lui. Sa peau contre celle de mon cou, je lâche un sourire en passant une main dans ses cheveux. Nous restons ainsi quelques temps avant qu’il ne parte à mon oreille me poser une question,

▬ J’ai le plaisir de me dire qu’elle ne fait que commencer monsieur Ailen.

J’amorce un sourire après mes mots tout en serrant ses bras contre moi en regardant la statue de la déesse. Elle est toujours là. Dans les bons comme les pires jours de ma vie. Son aura plane au-dessus de moi comme une mère attentive. Quand je suis triste, elle est derrière moi pour me pousser et relever la tête. Quand je suis heureuse, elle reste à mes côtés. Lorsque je suis prise d’une vengeance, elle me porte et me guide. Elle guide ma lame et mon cœur. Mais là… Elle est ici pour regarder mon bonheur. Dans un sens, je dois presque remercier Hope. C’est par elle qu’on se connait. Il reprend la parole pour parler de mon vieil ami et du bébé. Je me retourne à demi pour le regarder et je fronce les sourcils.

▬ Tauryon n’est pas une vieille croûte. Sans lui, tu ne serais pas au courant et on ne serait pas… Mariés. Enfin, pas aujourd’hui en tout cas.

Mes paroles réussissent quand même à passer à travers son rire. Son acte enfantin me fait arquer un sourcil. Marié mais toujours le même en fait. Je reporte mon attention droit devant moi après un haussement d'épaules significatif. Il aura le même comportement le bébé présent ou… ? Après tout, il allait être un père pas comme les autres. Un ancien assassin, un ancien coureur, un ancien espion. Je sais au fond de moi qu’il n’est plus Lame. Mais quand à savoir ce qu’il est vraiment… Il ne me dit rien. Pourtant, pour le moment, mon esprit n’est absolument pas en train de s’occuper de problème sans importance. Je ne m’attends pas à ce qu’il reprenne la parole et pourtant, c’est ce qu’il fait et il continue à me parler du bébé mais cette fois, du prénom.

Par contre là, je me sépare de ses bras et me retourne pour le fixer droit dans les yeux. Je ne sais pas quoi répondre en fait. Nous avons le temps de penser à ça. Je viens juste de faire mes vœux et il veut enchainer aussi vite… Je baisse la tête et prends une mine songeuse en quelques instants. Je n’ai pas vraiment envie de penser au nom du bébé pour le moment…

▬ Cailan, on peut en reparler une autre fois ? Nous avons quand même plus de trente-cinq semaines avant le terme. Je veux passer du temps avec toi pour le moment, pensé à ce qui vient de se produire, à demain. Mais s’il te plaît, n’allons pas aussi loin.

Par peur peut-être. Je ne veux pas projeter dans le futur alors que je ne sais même pas si je pourrais mettre au monde cet enfant. Qui sait… Il peut mourir en moi ou pire, je peux mourir en lui donnant naissance. Ce ne sera pas la première fois ni même la dernière qu’une nouvelle mère meurt en couche. Rien que cette idée me donne des frissons d’horreur. Par les Dieux… À vrai dire, je ne sais pas ce qui est le plus compliqué à assimiler. Le fait que je sois mariée ou que j’attends un enfant malgré la stérilité qu’Elador m’avait faite. Mon regard se porte sur la pierre précieuse présente à mon doigt. Je la regarde attentivement avant de porter ma main à mon cœur.

▬ Tu lui en veux toujours ?

Lui. Je parle bien sûr de mon violeur. À qui d’autre je peux bien parler ? Surtout avec les évènements qui se sont déroulés depuis ce matin. J’ai presque peur qu’il me dise oui mais aussi non. Je suis partagée entre deux sentiments contradictoires. Je ne peux pas lui en vouloir. Il peut le détester, c’est son droit le plus légitime maintenant. Ma question peut paraitre stupide en fait, c’est comme si je demande à Cailan s’il en veut encore à Hope… Face à ça, je regrette mes paroles,

▬ Oublie ce que je viens de dire.


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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Mer 16 Mar - 23:04

Le miracle d'une vie





Mon sourire repartit aussi vite qu'il était arrivé et mon cœur rata un battement quand je compris que l'équilibre venait de se rompre. Quelque chose clochait. D'un seul coup, ma bonne humeur s'était faite la malle. Je scrutais Narah tandis qu'elle gardait le silence. Je réfléchissais à toute vitesse, me repassant les derniers instants passés en boucle pour tenter de décrypter là où j'avais pu éventuellement faire une erreur.

Évidemment, je ne trouvais pas, ayant un point de vue différent du sien. Je jetais un coup d’œil distrait sur les alentours pendant qu'elle reprenait la parole. Le jardin avait beau ne pas être entretenu, il était à en couper le souffle. Les herbes sauvages qui se balançaient au rythme de la légère brise, les fougères qui caressaient le sol de terre battue, les arbres et leurs troncs mousseux qui se dressaient, majestueux, par-dessus les arbustes piquetés de fleurs blanches.

Ce serait mentir de nier que le charme naturel des plantes n'avait aucun effet sur moi. Me délaissant avec peine du spectacle, je me décidais à regarder Narah de nouveau, une fois qu'elle avait fini de parler. Que pouvais-je en penser ? Je ne savais pas trop. J'aurais pu tout simplement me contenter de ses mots, agiter la tête dans un signe de "oui" et passer à autre chose. Cependant, je commençais à lire entre les lignes, et je savais que Narah ne me disait pas tout.

Mensonge ou omission, peu importe, ses mots en révélaient d'autres, plus flous, incompréhensibles pour l'instant. Qu'elle ne croyait pas que j'allais passer l'éponge comme ça ! Pour le moment, j'étais coincé. Elle ne voulait en dire plus, et je ne pouvais lui tirer les vers du nez sans qu'elle ne se mette en rogne, me fuit ou se renferme. Malgré tout, ma curiosité faisait des siennes. Qu'est-ce qui pouvait bien noircir ce bonheur fraîchement trouvé, qui l'empêcherait de penser au nom de notre enfant ?

- Comme tu voudras, lâchais-je platement. Me rendant compte que ce n'était pas suffisant dans une situation pareille, je reprenais la parole. Je ne t'en veux pas, affirmais-je avec force. On en parlera quand tu seras prête. Je plantais un léger baiser sur ses cheveux soyeux. Je ne suis pas bête, amour, je vois bien que tu ne me dis pas tout. Mais je suis là pour t'aider à lutter contre ces vilains démons. La serrant plus fort contre moi, j'enchaînais. Je suis là pour ça, et je serais toujours là pour toi chaton.

Seul le silence me répondait et ça me perturbait. Ça me torturait de la voir aussi bouleversée. Qu'est-ce que j'aurais donné en cet instant pour avoir le don de lire dans ses pensées les plus secrètes ? Sentant que je ne pouvais pas lui apporter grand-chose de plus que ma banale présence, je me contentais de savourer avec bonheur ce moment de plénitude. Le calme avant la tempête, disait-on. Si la tempête était aussi violente qu'était la douceur de cette tranquillité, l'avenir s'annonçait plein de rebondissements... et de problèmes en perspective.

Je reportais de nouveau mes yeux sur la verdure qui nous entourait. Cette fois-ci, je la voyais sans vraiment la voir. J'avais un désagréable pressentiment, l'instinct que je ferais peut-être mieux de ne pas le savoir, que ça ne plairait pas. Narah pouvait rapidement songer à de sombres choses, je le savais bien. Et j'étais là pour égayer ses journées, chasser les nuages noirs qui assombrissaient son regard brillant, détruire les... Lui ? Je fus interrompu dans mes pensées par Narah. Intrigué, je la fixais et remarquais la main posée fermement contre son cœur.

Le sujet lui tenait visiblement à coeur et semblait douloureux. Laissant quelques secondes couler, je compris par son attitude raide qu'elle parlait d'une personne précise : Elador, le roi des Anges Noirs et l'homme le vil de tout Laryskanir. Et croyez-moi je pèse mes mots. C'était celui qui l'avait violée, qui l'avait prise contre son gré et avait joué de sa lame sur son corps. Celui qui a mis en péril son statut de mère, avait mis en doute sa féminité. Celui qui... Je pouvais aller loin comme ça.

Tressant mes doigts aux siens, mon pouce caressait dans un geste apaisant le dos de sa main. La réponse me paraissait évidente. Qui pourrait répondre, en toute honnêteté, "bon il t'a violée, mais c'est pas la fin du monde quand même !" ? Bien sûr que je lui en voulais, pour tout ce mal, cette douleur, cette violence donnés gratuitement, pour cette longue descente aux abîmes qui lui ont enlevé toute envie de se retrouver face à un homme sans éprouver de craintes ou de pensées négatives.

- Trésor, je ne pourrais jamais le regarder sans me dire "C'est lui. C'est lui qui l'a violentée". Je traçais des arabesques sur son ventre. Le soir, quand je m'endors, je repense au jour où j'ai tout découvert.

Fermant les yeux, je me revoyais prendre le journal intime en main, découvrir ses pensées couchées par écrit. Je regardais les lignes sans vraiment les lire, contemplant l'écriture nette de mon aimée. Et puis, les mots m'avaient frappé en plein visage. « Elador Kan... Je pouvais bien l'avouer, son corps n'était pas repoussant, il était plutôt agréable à regarder voir mortellement séduisant. » Bon dieu, la crise cardiaque m'avait frôlé ! Et puis, tout naturellement, j'avais avidemment lu le reste de la page.

Je me rappelle comment j'étais enragé. Le sang pulsait à travers mes veines, mes yeux s'humidifiaient malgré eux. Mes mains tremblaient, j'hésitais entre fuir et faire face à tout ça. Et puis j'avais lu ces mots-là. La trahison me plantait un pieu dans le coeur. « J'étais partie dans son cou pour me mettre à lécher sa gorge sensuellement de façon à lui prouver que j'étais capable de le satisfaire s'il me laissait aussi jouer. Mon corps se courba pour lui exposer ma poitrine devant les yeux et la coller sur son torse. Mon genoux remonta pour sa part sa jambe et caressa sa virilité. Je me mordis la lèvre en le regardant dans les yeux et gémissant alors qu'il ne faisait absolument … Rien. ».

Ecoeuré, j'avais sauté quelques pages pour "éviter les détails croustillants" car pour moi, c'était évident qu'ils avaient couché ensemble. Une partie de jambes en l'air, une baise rapide, appelez ça comme vous le voulez. J'étais tellement rouge de colère... Et puis j'étais devenu brusquement blanc. « Quand je savais qu'il allait à son tour me violer, je lâchais un hurlement de désespoir en pleurant à chaud de larmes. Mais autour de moi, les deux autres présent se contentaient de rire en savourant le spectacle. J'étais nue, en mauvaise état, sale et couvertes de blessures. Assise par terre, je laissais ma main toucher. En remontant cette dernière, je vis encore du sang. Mes larmes se firent plus importantes, je me mis à pleurer sans pouvoir m'arrêter, me recroquevillant sur moi même. »

La page suivante fut dévorée, tout comme les autres feuillets, jusqu'à ce que Narah me surprenne dans ma lecture. Elle était entrée dans une crise et j'avais eu du mal à réagir convenablement, étant moi-même en état de choc. Finalement, comme elle ne voulait rien me révéler, j'avais lu les passages-clés de son livre chargé de souvenirs. Résultat ? Elle avait fini par se réfugier dans l'alcool. Quelques longues gorgées de rhum et une demie-heure plus tard, il n'y avait plus de Narah.

Sortant de mes souvenirs, je frôlais sa joue du bout des doigts et lui offrais un petit sourire. Ce n'était pas la peine de repenser à tout ça. Le pire était derrière nous, j'en étais convaincu. Que pouvait-il nous arriver de pire que ce qu'on avait traversé ? Un viol, enfin plusieurs si on inclue les miens, un semblant de séparation, la jalousie, les rumeurs... Et puis, l'amour, toujours, qui revenait au grand galop. Cinq ans s'étaient largement écoulés depuis, et c'était toujours aussi fort entre nous, si ce n'était plus.

- Toutefois je m'en veux bien plus de ne pas avoir été là. Je rejetais la tête en arrière et fermais les yeux, coupable. Pendant que tu endurais tout ça, que tu encaissais cette douleur, moi j'étais absent. Tranquillement assis derrière des barreaux, je pensais à toi sans m'imaginer que tu souffrais. Je t'imaginais papillonner, t'amuser, et que sais-je encore. Vivre ta vie comme une jeune fille de ton âge se devait de le faire. J'étais enfermé dans ma bulle et je n'ai rien vu venir. Ma place était à tes côtés... Pourtant, je n'ai pas tenu ma promesse ! Je m'en voulais, je m'en veux et je m'en voudrais toute ma vie. Ce n'était pas si difficile ! Et j'ai failli à ma tâche, et... et tu... Tu t'es faite violer. Violer ! Il t'a pris une part de toi et... je ne l'accepterais jamais. terminais-je, honteux.





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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Lun 21 Mar - 23:37

Le miracle d’une vie

Rêvons nos vies; Vivons nos rêves… Le doute détruit beaucoup plus de rêves que l’échec.


Je ne sais pas pourquoi je veux absolument savoir s’il lui en veut toujours. Après tout, il a juste été témoin de ma descente dans les abimes les quelques semaines après… Quelle idée de refaire surface à ce moment-là ! Enfin, quoi qu’il en soit, je ne peux rien contre le destin. Mais même s’il n’a pas été tenu au courant normalement, il a quand même su pour moi et Elador. En trichant honteusement. Il a beau me rassurer comme tout à l’heure, j’ai toujours au fond de moi la peur qu’il parte et ne revienne cette fois jamais. Être l’épouse d’une femme violée n’est pas de tout repos. Je fais souvent des rechutes à cause de ça. Je doute de moi, j’ai peu de confiance. Je remets en cause souvent. Je me dis que tout est fait pour me faire plonger…

Je n’ose même pas le regarder quand mes paroles sortent de ma bouche. J’ai peur de voir sa réaction. Au lieu d’avoir une attitude de rejet, il me prend les doigts qu’il mêle aux miens avant de caresser ma main. Il reste encore silencieux. Sans est-ce qu’il réfléchit. Qu’il cherche ses mots. Puis, Cailan se décide et la fin de ses propos me fait lever le nez vers lui. Le jour où… Ce fameux jour. Après une mission dans un manoir pour voler un calice. Après avoir failli redevenir le jouet d’un homme… Le jour où j’ai cru que le monde venait de s’ouvrir. Le jour où il prit en main mon journal. Mon bien le plus précieux et le plus secret ! La rage et la haine qui m’ont prises en le voyant lire si facilement mes lignes…Finalement dans cette histoire ? Il avait fini par s’endormir sur mon lit et j’avais pris une bouteille pour me noyer dedans. Oublier. C’était ça mon but à l’époque.

Ce qui me fait revenir à moi et un geste tendre sur ma joue. Je regarde mon mari et lui rends son sourire. Il retrouve alors son silence et me regarde sans arrêter de me toucher la joue. Puis, je vois ses lèvres s’entrouvrirent. J’ai envie de l’arrêter. Lui éviter de parler mais je n’y arrive pas. Du coup, ce que j’entends a le don de me clouer sur place. Il s’en veut. Mon regard se détourne pendant que le sien se pointe vers le ciel. Il remet en avant cette ancienne promesse faite il y a tellement longtemps qu’elle n’a plus de sens…Je l’écoute en silence avant qu’il ne dise qu’il a failli à sa tâche,

▬ Cailan…

Pourquoi est-ce que je lui ai posé la question ? Honteuse de ma question, je baisse la tête plusieurs minutes et reste silencieuse par la suite. Combien de temps est-ce que je lui en ai voulu ? Longtemps. Même aux premiers mois après nous avoir déclarés. Délicatement, je prends et la serre avant de la poser contre ma poitrine. Il a raison sur un point, j’aurais pu vivre pleinement ma vie de petite inconsciente mais il oublie rapidement où nous avons passés notre adolescence. La jeunesse, les bonnes manières et l’innocence furent effacés de notre vocabulaire. Mais je ne peux pas lui en vouloir si sa mission l’a retenu autant de temps.

Lentement, j’emmène sa main à mes lèvres et l’embrasse avant de me retourner avec un léger sourire sur le visage. Ma tête part dans son cou où j’aime me réfugier lorsque les mots me manquent ou que j’ai besoin de sa chaleur. Mes bras quant à eux se réfugient dans son dos où j’agrippe sa chemise tout en fermant les yeux.

▬ Tu sais très bien que je n’avais pas une vie comme les filles de mon âge… Je suis une tueuse et une voleuse avant d’être moi. C’est ainsi qu’elle nous a éduqué. Mais si j’avais su que tu étais quelque part. Vivant ! Je serais venue te chercher au lieu d’aller là-bas… J’aurais enfin pu t’avouer ce que j’ai mis du temps à dire. Nous aurions pu être ensemble plus vite ! Moi qui t’avais cru mort au bout de plusieurs années… Je m’en veux aussi. De… De ne pas avoir gardé la certitude de ta survie. Je n’avais rien à perdre quand je suis partie là-bas. Je pensais très sérieusement n’être plus que la seule. Au final, nos retrouvailles furent pires que mes cauchemars.

Je marque une pause dans mes propos. On m’avait demandé au bout d’un certain temps de l’oublier. Puis après le génocide, j’ai pris au pied de la lettre. « Personne de reste en vie. » Mais le jour où je l’ai croisé. Dans cette forêt. Le lieu de nos racines à nous deux. Je ne sais pas. J’ai cru remonter le temps. Même si j’ai tout fait pour oublier son visage à ce moment-là. Pourtant, maintenant que je peux le toucher. L’aimer comme je l’ai toujours rêvé, je ne compte pas le laisser m’échapper encore une fois. Après plusieurs minutes contre lui, je me décide de me redresser et passer mes jambes dans son dos pour qu’on finisse l’un en face de l’autre. Mes mains à présent encadrant son visage, je laisse échapper un sourire sincère avant d’approcher mes lèvres des siennes. Le baisé qui suit n’est pas aussi fougue que les autres. Il est doux, amoureux et réconfortant.

▬ Mais n’oublie pas mon cher Cailan. Il a sans doute prit une part de moi mais en aucun cas il ne réussira à me prendre ça…

Je guide sans plus attendre une de ses mains sur mon cœur et je baisse la tête pour suivre le mouvement. Je ne lâche pas mon sourire pour faire glisser sa main sur mon ventre. Mon autre main se porte à sa nuque et je pose mon front contre sien,

▬ Tu as à présent mon mari et qu’importe le passé. Nous serons en construire un avenir meilleur.


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MessageSujet: Re: Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦ Dim 27 Mar - 17:12

Le miracle d'une vie





Je lâchais un rire nerveux en entendant ses mots. Jamais je n'avais su qu'elle avait abandonné tout espoir de me revoir, et pire encore, elle me croyait mort. Une douleur glacée se frayait un chemin à travers mon cœur et m'enserrait chaleureusement de sa puissante étreinte. Déglutissant avec peine, j'écoutais la suite, persuadé que ça allait être pire encore. Mais ça n'arrivait pas et elle me laissait avec un amer goût en bouche.

- C'est une surprise, je te l'avoue. Moi qui était persuadé que tu pensais à mes beaux yeux nuit et jour... Notre lien était moins fort que je ne le pensais, ne pus-je m'empêcher d'ajouter.

Comme si elle désirait effacer mon amertume, elle se retourne et se rapproche de moi dans une étreinte plus intime. De la rancœur, je n'en voyais pas une goutte dans ses yeux. Juste de l'amour, un amour puissant. Elle n'eut qu'à se redresser pour unir nos lèvres dans un tendre baiser. Pas de doute, les choses avaient bien changé. Si elle ne pensait pas à moi à l'époque, j'étais certain qu'à présent j'occupais entièrement ses pensées.

Elle souriait de toutes ses dents lorsqu'elle m'avait pris la main pour la poser sur son ventre encore plat pour le moment. Elle avait raison. Il ne nous prendra pas ça. Ni maintenant, ni jamais. Je m'écartais avec lenteur d'elle, soulevais son haut et embrassais son ventre. Elle lâcha un hoquet de surprise, et, joueur, je recommençais mon manège en alternant baisers légers, plus insistants, chatouilleux. Je finissais par m'arrêter lorsqu'elle me le demandait et la serrait fort contre moi.

- Je te promets que cet enfant tant attendu sera choyé. Notre petit elfe aura les meilleurs parents du monde ! Mais, d'ailleurs, j'y pense... Il ne lui manque plus qu'une maison. J'épiais la réaction de Narah du coin de l’œil et enchaînais. La maison que tu loues actuellement avec Camille ne suffira pas. À trois, ça passe peut-être, mais à quatre, ça va être plus dur. Et rien ne dit que Camille supportera d'entendre sans relâche Bébé ! Sans compter qu'elle finira par s'installer un jour ou l'autre avec son homme.

C'était maintenant que je me rappelais que la question d'habiter ensemble ou non ne s'était jamais posée entre nous. Je m'étais incrusté au fil des années chez les deux amies, mais ce n'était pas propice à un couple. Ce que je désirais, aujourd'hui, c'était de vivre sous le même toit que la mère de mon enfant, avoir une véritable maison, un chez-soi qui n'appartiendrait qu'à nous deux. Dans un lieu paisible où les fauteurs de troubles se feraient rares.

- J'aimerais bien qu'on s'installe quelque part, toi, moi et ton adorable ventre. Se trouver un agréable cocon, un endroit où Bébé pourra s'épanouir sans s'inquiéter du monde extérieur.

Je m'interrompais et éclatais de rire en remarquant que cela faisait deux fois de suite que j'avais appelé l'enfant "Bébé", comme si je parlais de quelqu'un qui était juste à côté de moi et qui pouvait m'entendre. Dans un sens, ce n'était pas totalement faux, mais dans l'autre, ça m'étonnait que l'enfant soit véritablement en mesure de m'entendre et de reconnaître ma voix.

- Dis-moi Bébé, tu veux avoir une maison avec Maman et Papa ? demandais-je sur un air de conspirateur.



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Le miracle d'une vie ¦Pv.Cailan¦

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